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mercredi 2 janvier 2008


Retour à Cholera. Angel a démonté sa tente et veut descendre. Cela fait 3h que je n'ai pas bu. Le camp est sale, Dam est fatigué. Nous montons notre tente et rangeons le camp pendant que nous faisons de l'eau.
Dam me raconte sa descente, je suis très fier de lui d'autant plus qu'il a été malade et qu'il est bien moins entraîné que moi.
Monter à plus de 6500m quand il n'avait jamais franchi la barre des 4000......
La nuit s'annonce glaciale.

Damien est redescendu avec Angel. Ils ont encadré pour ne pas dire sauvé un jeune Suisse monté rapidement au sommet et trop épuisé pour descendre seul.....
On ne Fait pas un sommet, on le gravit et on le redescend.
Savoir rester humble et connaitre ses limites, ne pas mettre les autres en danger.

Un dernier regard sur la croix du sommet. qui est un large plateau légèrement incliné vers le Sud.

Dans de nombreux livres de montagne, il est écrit qu'au niveau oxygène, les 6962 m de l'Aconcagua équivalent à un 8000m de l'Himalaya du fait qu'il est très bas en latitude. Je comprends mieux mon essoufflement au sommet.

15 minutes au sommet, les nuages montent rapidement. Il faut descendre. Envie de retrouver Dam.
La descente necessite d' être vigilant. Des encouragements à ceux qui montent encore (une dizaine de personnes). Je croise notre voisin Turc qui va très lentement (il reviendra au camp à la nuit tombante).

Bon là je ne résiste pas à vous présenter "Tigrou " ( et ses deux congénères) notre mascotte devant le sommet Sud.
Pour celles et ceux qui les connaissent, ils n'ont pas pu "jouer au c.." ... trop fatigués!!

6962m je laisse tomber mon sac. Heureux mais la tête vide, lessivé. Pensée émue pour ceux que j'aime, pour mes parents qui m'ont fait aimer la montagne...
Dam est plus bas, mon bonheur d'être au sommet n'est rien à coté de ce que nous vivons ensemble.
Canaleta, le couloir, c'est ça, vu d'en haut...environ 300 m de dénivelé. Dam s'arrêtera au grand névé en bas.Très bel effort de sa part!!
J'ai croisé Angel qui est arrivé au sommet et deux personnes qui abandonnaient. Vingt pas. Stop.
Quinze pas . Stop. Reprendre son souffle.
Le temps ne compte plus dans ce couloir aux pierres instables. Il faut rester le plus à droite possible en montant. Heureusement qu'aujourd'hui ily a de la neige, c'est plus facile pour monter et le froid tient les cailloux.
Les 30 derniers mètres techniquement faciles sont durs à grimper, je suis très fatigué, le souffle très court..

La traversée est longue pour arriver au pied de la Canaleta, impressionnante. Un immense entonnoir qui domine de plus de 2000m le camp de base de Plazza de Mulas.
Dam avec beaucoup de volonté continue à monter!!
Quand à moi, je double avec beaucoup de difficultés un groupe plus lent : garder son rythme!!

Les pas se font très lents. La pente fuit derrière nous.
Dam n'a pas complètement récupéré mais à très envie de continuer avec un rythme plus lent.
Nous mettons les crampons ce qui nous demande beaucoup d'énergie.

Independencia, 6500 m, la "cabane" la plus haute du monde enfin ce qu'il en reste....
C'est notre ami Turc qui nous prend en photo.

Départ 8 h 15. C'est à tout petit pas que nous progressons dans l'air glacé. Heureusement, le soleil est là, qui nous réchauffe. La journée devrait être belle. 9h, nous croisons des personnes qui abandonnent. Trop dur.

2 janvier, le soleil se lève et projette l'image de l'Aconcagua qui "fume" au vent. La nuit a été glaciale et le vent n'a cessé de nous secouer. Boire, préparer de l'eau pour les derniers 1000 m... Faire le sac en pensant au poids et au matériel de sécurité.
Angel s'impatiente et part devant.