Confortablement installés sur du sable, au chaud dans les duvets nous allons profiter d'un bon repas puis d'un repos "mérité". Je me sens bien,l'esprit libéré, nous sommes montés et redescendus. La nuit étoilée nous offre ses merveilles.
Cela fait bientôt 12 h que nous avons quitté le camp de Cholera à 5900m...2400 m plus bas, la nuit tombe et la fatigue se fait sentir. Nous cherchons un cailloux pour un dernier bivouac dans ce désert.
Une odeur légère nous stoppe dans notre élan et nous fait même remonter d'une dizaine de mètres. Ce petit bouquet de fleur vient de réveiller notre nez prisonnier du froid et de l'effort depuis plusieurs jours. Ici c'est l'été avec une vie plus douce...
Nous avons quitté Plazza de Mulas "légers": petites chaussures, le duvet, des vêtements chauds, de l'eau et de quoi manger dans le sac. Chargés d'une douzaine de kilos, le coeur léger, nous descendons rapidement. Nous croisons notre ami Turc parti une heure avant nous du camp de base, très chargé et ses doubles coques au pieds. Visiblement, il est à bout de force mais refuse l'aide que nous lui proposons... Bonne route l'ami, quand à moi,je ne fais pas de la montagne un chemin de souffrance.
"-Tu as vu cette grande cascade de boue à gauche!!" Oui entendue et vue, problème à venir.... Dans cet après midi d'été, il fait chaud et la neige fond. Notre chemin est bientôt coupé par ce torrent de boue qui entraîne de gros cailloux. Heureusement pour nous, cela se passe par vagues. IL faut calculer le moment où on va traverser. Deux pas dans cette boue profonde de 20 à 30 cm entre les vagues et il faut grimper les blocs. Je passe. Dam suit mais la vague qui arrive roule un cailloux qui lui arrache un bâton. Dam jette son sac et dévale dans la pente...Peine et bâton perdus!
Au fond, le "mur" sous le camp de base, à gauche, les ruines d'un refuge construit par l'armée dans un couloir d'avalanche....Pas tenu longtemps!! Pour nous une longue vallée caillouteuse à parcourir.
Une longue descente nous attend avec un joli "mur " à passer. Là, nouveau cadeau de l'Aconcagua, un magnifique condor plane au dessus de nous, nous passe à côté et va se poser 5o m en dessous...Il va rester là quelques instants et nous aussi. Lorsqu'il reprend son vol majestueux, il lui faut quelques secondes pour nous passer au dessus.
Quand je vous dit qu'il a récupéré: il saute comme un cabri. Oh Dam! attend moi....
Et oui, la perte d'altitude agît tellement bien que nous allons tout de suite ...continuer notre descente!! Mais d'abord, c'est le sketch des poches à caca qu'il faut montrer au poste des gardes et des poubelles. Comme nous sommes trop gentils (non, amoureux et respectueux de la montagne), on a rempli "des" poches d'ordures, il faut faire le tri ... Là on est dans la m.... Bon si vous voulez des détails, c'est par courrier privé.
Et bien oui ce beau jeune homme qui peut être fier de lui c'est le même 2h après!!Tout feu tout flamme je vous dis! Le MAM, c'est terrible! Ca vous met un beau garçon plein d'énergie..carpette! Une bonne descente et hop, tout oublié!! Dam qui a retrouvé toute son énergie va négocier avec Campo Base la descente de 25 Kg à 2 dollars le Kg soit trois fois moins cher pour la descente que INKA et en plus le matériel sera à Pénitentes le soir même.
Bon là l'amélioration de Dam est presque visible, plus que 300 m à descendre environ pour arriver à Plazza de Mulas
Nous arrivons au dessus de Canada, avec la perte d'altitude, Dam commence à se sentir mieux (Ouf!!). Mon sac est très lourd, il me tarde d'arriver à Plazza de Mulas....
Nous arrivons à Nid de Condores avec le soleil. Nous sommes encore à 5500m. Il faut faire de l'eau pour s'hydrater. Damien s'endort vidé. Boire et continuer à descendre. Nous plongeons directement dans la pente mais Dam a besoin de s'arrêter souvent.
Matin glacial, nous n'avons pas bien dormi. Dam se remet à vomir. Mal de tête, manque de motivation. Le MAM fait à nouveau ses ravages. Il faut descendre et vite. Je range le camp, fait les sacs, secoue Dam. Il a beaucoup de mal à avancer. Il faut s'arrêter souvent pourtant je sais que la seule solution est de perdre rapidement de l'altitude. La neige est gelée et la pente parfois exposée....
Hiver 2006/07, J-Paul et Fabien montent jusqu'à Nido del Condor. Suite à une violente crise de sinusite de JP, ils n'iront pas plus haut.Hiver 2007/08, JP repart cette année avec son fiston Damien pour gravir l'Aconcagua par la voie des Polonais et faire la traversée Est , Ouest...